Hydrolysats marins en agronomie : tout savoir sur ce nouvel usage

Biofertilisants à base de coproduits de poissons, expertise Upcyclink, économie circulaire marine

Le marché des hydrolysats protéiques de poissons connaît une croissance soutenue de +5,6% CAGR entre 2025 et 2037. Traditionnellement prisés dans l’aquaculture et la nutraceutique, ces produits investissent aujourd’hui l’agronomie avec une promesse unique : conjuguer apport nutritif organique et effets biostimulants.

Définition précise, composition technique, cadre réglementaire européen, bénéfices scientifiquement validés, usages et opportunités de valorisation des coproduits marins, découvrez-en plus sur les hydrolysats marins en agronomie.

 

 

Qu’est-ce qu’un hydrolysat marin en agronomie ?

 

Les hydrolysats marins représentent une famille d’intrants organiques liquides particulièrement adaptés à l’agronomie moderne, issus de la transformation contrôlée de coproduits halieutiques. Ces produits concentrent des nutriments essentiels et des composés bioactifs, les positionnant à la croisée des engrais et des biostimulants pour une agriculture plus résiliente.

 

Définition

 

Les hydrolysats marins sont des intrants organiques, sous forme liquide ou concentrée, issus de la transformation de coproduits de poissons (têtes, arêtes, viscères), qui concentrent des nutriments essentiels et composés bioactifs. Positionnés à la croisée des engrais et biostimulants, ils soutiennent une agriculture résiliente et circulaire.

Le procédé ? Une hydrolyse enzymatique douce (méthode 7 UE 142/2011) qui fragmente les protéines complexes en acides aminés libres et peptides courts à basse température (60°C). Contrairement aux hydrolyses thermiques agressives, ce traitement préserve les molécules bioactives et garantit un point final SPA (innocuité microbiologique).

 

Composition d’un fertilisant liquide protéique de poisson

 

La composition typique des biofertilisants à base d’hydrolysats de protéines de poisson  est riche en azote organique biodisponible (2-15% N total, souvent via peptides/AA libres), phosphore (P₂O₅ 0.5-4%) et potassium (K₂O 0.2-1%), avec un ratio C/N bas (<10) favorisant une minéralisation rapide et une absorption efficace par les plantes.

La densité (1,0-1,1 kg/L) et la matière sèche (30-50%) assurent une compatibilité avec les équipements agricoles standards (fertigation, foliaire), tandis que les acides aminés libres (glycine, proline, lysine, glutamique ~5-10% chacun) et oligo-éléments (Fe, Zn, Mn) soutiennent les fonctions physiologiques au-delà de la nutrition minérale – stimulation enzymatique, tolérance au stress abiotique. Pour les novices : imaginez un « bouillon d’océan concentré » qui nourrit vos plantes comme un compost liquide ultra-efficace, mais compatible pulvérisation foliaire et goutte-à-goutte !

 

Biostimulant, biofertilisant ou engrais organique ?

 

Les hydrolysats marins occupent une position hybride dans la classification des intrants agricoles, combinant nutrition minérale et effets physiologiques sur les plantes. Cette polyvalence répond à de multiples besoins.

 

Biostimulant Vs biofertilisant

 

Un biostimulant stimule les processus naturels des plantes – absorption des nutriments, tolérance au stress abiotique (sécheresse, chaleur), qualité des récoltes – sans apporter directement d’éléments nutritifs majeurs. À l’opposé, un biofertilisant contient des micro-organismes vivants (bactéries fixatrices d’azote comme Rhizobium, solubilisateurs de phosphore) qui enrichissent le sol en nutriments disponibles. Ces catégories se complètent souvent : les biostimulants optimisent l’utilisation des ressources fixées par les biofertilisants.

 

Où se situent les hydrolysats marins ?

 

Les hydrolysats de protéines marines, riches en acides aminés et peptides bioactifs, sont classés comme biostimulants car ils améliorent l’efficacité d’utilisation de l’azote et la résilience des cultures au-delà de leur apport NPK. Réglementairement, ils relèvent d’engrais organiques liquides (norme NF U 42-001-2 Type 12, Règlement UE 2019/1009 PFC 1C avec CMC 10 pour ABP Catégorie 3), mais peuvent prétendre au statut biostimulant (PFC 6) si des essais agronomiques démontrent des effets physiologiques spécifiques. Cette double qualification autorise des allégations premium validées par des données scientifiques.

 

Bénéfices agronomiques des hydrolysats marins

 

Les hydrolysats marins surpassent la simple nutrition minérale grâce à leurs composés bioactifs, améliorant la physiologie des plantes et la vitalité des sols. Ces effets mesurables soutiennent une agriculture plus efficace face aux défis climatiques et réglementaires actuels.

 

Amélioration de la nutrition et de l’efficience de l’azote

 

Les acides aminés libres et peptides courts des hydrolysats accélèrent l’absorption de l’azote par les plantes, augmentant l’efficacité d’utilisation (N-use efficiency) de 15-20% selon des essais comparatifs. Cette biodisponibilité supérieure permet d’obtenir des rendements équivalents avec moins d’azote total apporté, ou des gains de productivité à dose constante, réduisant les coûts et les fuites azotées. Le ratio C/N bas (autour de 4,7) favorise une minéralisation rapide, idéale pour les phases végétatives critiques.

 

Résilience face aux stress abiotiques

 

Les peptides bioactifs stimulent la synthèse d’enzymes antioxydantes (catalase, peroxydase) et d’osmolytes protecteurs (proline, bétaïne), renforçant la tolérance des cultures à la sécheresse, la chaleur ou la salinité. Des observations terrain montrent une préservation de la photosynthèse nette et une biomasse maintenue sous contrainte, sécurisant les récoltes dans des conditions extrêmes de plus en plus fréquentes. Cet effet physiologique direct justifie leur classification potentielle en biostimulants PFC 6 (Règlement UE 2019/1009).

 

Effets sur le sol et la rhizosphère

 

Appliqués au sol, les hydrolysats nourrissent les micro-organismes bénéfiques (bactéries, champignons mycorhiziens), stimulant l’activité rhizosphérique et améliorant la structure du sol via la formation d’agrégats et d’humus. Riches en matière organique (30-40%), ils favorisent la rétention d’eau, la mobilité des nutriments et la résilience microbiologique, complétant efficacement les pratiques régénératives comme les couverts végétaux.

Ces bénéfices cumulés positionnent les hydrolysats comme intrants régénératifs polyvalents (fertigation, foliaire, sol), optimisant le cycle des nutriments à long terme .

 

Cadre réglementaire des hydrolysats marins

La commercialisation d’un hydrolysat enzymatique de poisson destiné à des applications agronomiques sur le marché français et européen implique de maîtriser le cadre réglementaire.

 

Norme française NF U 42-001-2 : fondations techniques

 

La norme NF U 42-001-2 classe les hydrolysats en Type 12 (engrais organique liquide NP), exigeant des garanties minimales en NPK (N ≥ 2,5%, MO ≥ 20%), une innocuité microbiologique stricte (Salmonella absente, E. coli < 10 UFC/g) et des seuils bas en éléments traces métalliques (ETM) et composés traces organiques (CTO). Cinq piliers de conformité – composition, microbiologie, chimie, traçabilité, procédé – valident le produit via un dossier déposé auprès d’un organisme certificateur (AFNOR, SGS).​

 

Règlement UE 2019/1009 : PFC 1C et PFC 6

 

Le Règlement (UE) 2019/1009 établit les règles relatives à la mise à disposition sur le marché des fertilisants portant le marquage CE (dénommés « fertilisants UE »). Le marquage CE PFC 1C (engrais composé organique, CMC 10 pour ABP Catégorie 3) autorise la libre circulation dans l’UE, réutilisant les analyses NF sans reformulation majeure. L’extension optionnelle PFC 6 (biostimulant) requiert des essais agronomiques robustes démontrant des effets physiologiques (efficience N, tolérance stress).

 

Sécurité, traçabilité et conformité SPA/CLP

 

Parallèlement à ce cadre réglementaire, deux autres réglementations, transversales sont à rappeler : d’une part, la conformité aux réglementations sur les sous-produits animaux (CE 1069/2009 et UE 142/2011) qui encadrent rigoureusement la matière première (coproduits de poisson en Catégorie 3), son traitement (hydrolyse enzymatique Méthode 7), et la preuve documentée du « point final » (innocuité microbiologique attestée) ; d’autre part, la conformité CLP (Règlement UE 1272/2008 sur la classification, l’étiquetage et l’emballage), qui garantit que tout risque chimique est correctement évalué, communiqué et prévenu.

 

Usages concrets et opportunités de marché

 

Les hydrolysats de poissons révèlent une polyvalence remarquable dans leurs applications agronomiques. Ils nourrissent avec succès les légumes-feuilles comme la tomate et la laitue, dynamisent le maraîchage, fortifient les vignes et vergers (pommiers, noisettes), soutiennent les grandes cultures, revitalisent les gazons et embellissent les plantes ornementales. Appliqués par fertigation, pulvérisation foliaire ou amendement sol, ils s’intègrent parfaitement aux pratiques d’agriculture biologique et régénérative.

 

Le marché mondial demeure largement dominé par les États-Unis, l’Australie et la Canada, où l’on trouve une gamme de « Fish Fertilizers » à la vente avec des allégations variées, pour différents usages, professionnels ou particuliers. L’Europe reste un territoire quasi-vierge : peu d’industriels occupent encore ce créneau, confrontés à des contraintes réglementaires plus strictes.

 

Cette situation ouvre une opportunité stratégique pour la valorisation des coproduits de pêche. Le marché des hydrolysats protéiques de poissons affiche un taux de croissance annuel composé (CAGR) de 5,6%, passant de 245 à 499 millions USD entre 2024 et 2037, avec une diversification croissante vers l’agriculture.​

 

Grâce à son expertise en hydrolyse enzymatique et maîtrise du cahier des charges sur ce type de produit, Ucyclink est votre partenaire si vous souhaitez tester cette voie de valorisation de vos coproduits. Pour les acheteurs d’intrants, nous proposons également des échantillons prêts à l’emploi.

 

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